N° 1371

  • Un problème de saison

  • L’aïeule de Jésus : sainte Anne

  • À propos des philosophes improvisés :

    UN PEU DE LOGIQUE

    IGNORATIO ELENCHI

    (d’un article de M. l’Abbé Hervé Belmont)

UN PROBLÈME DE SAISON

2039

  • La gazette locale donne (ci-dessous entre guillemets) à ses lecteurs des précautions à suivre contre les inconvénients de l’invasion :

    Mais il y a une solution… : « Limiter les gîtes, installer des protections, les repousser en utilisant (…) ». Et la morale de cette affaire : « Contingenter l’invasion revient finalement à se montrer plus responsable. »


    Voilà au moins un langage à la mesure du problème posé par la gazette locale et qui nous concerne tous et nous rend même plus responsables… Est-ce donc si grave que cela docteur ?


    Non, ce n’est pas une question de Foi ou de doctrine, qui d’ailleurs n’intéresse personne. Alors une question de morale qui détraque tant d’esprits ? Non plus. Alors, de la survie de notre société ? de notre civilisation ? de no­tre… race ? (le mot est encore dans le dictionnaire). Il est vrai qu’il y a dans tous ces domaines bien des problèmes qu’il faut poser correctement, objectivement et, autant qu’il est possible, sans passion.

L’AÏEULE DE JÉSUS
Reliquaire de sainte Anne. (Photo Abbé JMS)

2037

L’aïeule, la grand-mère de Notre Seigneur, c’est la maman de la sainte Vierge Notre-Dame, autrement dit sainte Anne. Ses reliques sont arrivées providentiellement en Provence avec la sainte famille de Béthanie (saint Lazare, sainte Marie-Madeleine, sainte Marthe et leurs familiers).

La sainte famille de Béthanie

Émail du Reliquaire de sainte Marie-Madeleine (Photo Abbé JMS)

Au centre sainte Marie-Madeleine. À droite, le corps de sainte Anne sous la forme d
Au centre sainte Marie-Madeleine.
À droite, le corps de sainte Anne sous la forme d'une momie
avec saint Lazare et sainte Marthe le veillant. Les autres Saintes sont les domestiques.
UN PEU DE LOGIQUE

2035

Dans son article On bâtit sur le sable, l’Abbé Hervé Belmont a précisé ses intentions clairement comme nous l’avons vu (Bulletin Dominical N° 1368). Quelques petites notions très élémentaires de philosophie nous sont rappelées comme ici sur la logique (qui est une partie de la philosophie que je désigne sommairement par « mode d’emploi de l’intelligence », et on saisit ainsi quelle est la place de la logique dans le raisonnement).

« Avant de traiter cela plus précisément [il s’agit de la controverse sur les sacres épiscopaux sans mandat apostolique], je place ici quelques remarques qui valent pour tout ce genre d’écrits : les règles de la logique y sont bien malmenées et l’on pourrait y puiser des exemples pour illustrer un petit traité de sophistique.

« Un sophisme est un raisonnement faux qui prend ou qui présente les apparences de la sagesse (d’où le nom de sophisme). Même si les sophistes de l’antiquité (Protagoras, Gorgias et alii) s’y livraient avec une mauvaise foi patente, la définition du sophisme ne comporte cependant pas de qualification morale ; et de toute façon il n’en serait pas question entre nous. L’identification et le démantèlement des procédés qui engendrent les sophismes sont le plaisir du logicien, et la Voix des Francs nous en fournit plus d’une fois l’occasion. »

On est tellement accoutumé au mal en général et aux fautes de raisonnement en particulier (confortées par les mœurs modernes où l’on fait prendre si facilement des vessies pour des lanternes…), qu’on avale n’importe quoi pourvu qu’un minimum de belles apparences soient là, à commencer par l’aplomb des menteurs ou des saltimbanques.

IGNORATIO ELENCHI

« Un des sophismes les plus fréquents dans les discussions est celui qu’on nomme l’ignoratio elenchi, c’est-à-dire la méconnaissance du point crucial de la question ou de son état. Il est indispensable, avant de traiter d’un sujet délicat ou d’entrer en controverse, de bien sérier les questions, de faire une étude soigneuse des tenants et des aboutissants, d’attribuer à chaque argument sa véritable portée, de hiérarchiser les autorités sur lesquelles on se fonde, et d’éliminer tout ce qui est étranger au point décisif.

« Cette ignoratio elenchi se manifeste de deux façons dans le texte qui nous occupe. Tout d’abord il se réfère à deux études de l’abbé Ricossa et de l’abbé Belmont qui datent de plus de dix ans. Or il est bien certain que les deux auteurs n’en sont pas restés à ces textes un peu anciens : depuis ce temps ils ont écrit sur le sujet ; de part et d’autre ils ont conforté, nuancé, ou développé leurs arguments ; ils en ont peut-être même déserté l’un ou l’autre. La Voix des Francs ne tient pas compte de cet état de la question. »

Que tout lecteur veuille bien méditer cette remarque d’ordre général. Il y a des « règles du jeu » à respecter dans l’étude au sens général, et dans les questions difficiles à plus forte raison. Nombreux sont ceux qui se prennent pour des savants, des docteurs en Israël, et cela n’arrange rien dans cette crise de l’Église. Ce qui ne veut pas dire que les notions catholiques soient inaccessibles à ceux qui ne sont pas des savants ; cela veut dire que ceux qui s’expriment publiquement sur ces questions prennent de grandes, de lourdes responsabilités, même (et surtout) si la place des vrais savants dans les chaires d’autorité est souvent délaissée et laisse le champ libre à toutes les divagations. (« Je frapperai le pasteur, et le troupeau sera dispersé… »).

Pour nous aider à méditer

La persévérance plus difficile est dans les choses intérieures, car pour les matérielles et extérieures, elles sont encore assez faciles. Cela procède de ce qu’il nous fâche d’assujettir notre entendement, car c’est la dernière chose que nous assujettissons, et néanmoins il est extrêmement nécessaire que nous assujettissions nos pensées à certains objets. (S. François de Sales, Les vrais entretiens ; Discours de l’Obéissance. XI).

Notes tirées du sermon

« Pour les débuts du compagnonnage des vénérées reliques de sainte Anne, nous mentionnerons des bases historiques solides. Pour la suite, c’est-à-dire pour les premiers siècles de l’ère chré­tien­ne, nous n’avons pas de documents authentiques suffisants pour donner un récit certain. Du moins l’hy­pothèse que nous formulons est-elle fortement motivée, car il serait difficile de nier raisonnablement que Marseille et sa région immédiate n’aient pas été atteintes primitivement par le puissant mouvement d’expansion évan­gé­­­lique. En effet, le grand port commercial méditerranéen, qui était en relations avec la Palestine, l’Afrique, la Grèce et l’Italie, qui était un centre très im­portant de voies de communication, qui était à pro­ximité de Rome par mer et par terre, ne peut pas ne pas avoir reçu dès le début une mission apostolique.

« La chose est même historiquement certaine, dès qu’on a parcouru les textes, car qui pourrait faire croire que les innombrables pèlerins israélites convertis à Jérusalem après la première prédication de saint Pierre, une fois de retour dans leurs résidences habituelles, en particulier dans les agglomé­rations vitales du littoral, n’aient absolument pas ouvert la bouche sur le fait inouï de la Résurrection du Fils de Dieu et le fait non moins prodigieux de la première Pentecôte. Certes ! oui, il est évident qu’ils n’ont pas pu faire moins que d’en parler à leurs amis et connaissances ; évident aussi qu’ils ont fait à leur tour du prosélytisme, conséquence inévitable de leur récit et de l’en­thou­siasme qui émanait d’eux, sans compter (par leur intermédiaire) l’action du Saint-Esprit. »

Les notions modernes d’Histoire ne s’appuient plus guère que sur des documents « irréfutables » comme le passeport de sainte Marie-Madeleine qui, s’il avait été retrouvé à la capitainerie du port de Marseille, prouverait bien sa venue. Sainte Anne a bien été enterrée à Apt (Vaucluse), Charlemagne l’a retrouvée miraculeusement, et de nombreux faits attestent l’épopée des premiers apôtres de la Provence avec des familiers de Notre Seigneur.

Recommandation spirituelle de la semaine

Prions ces grands devanciers de la Provence et de la France catholiques venus avec sainte Anne : saint Lazare, sainte Marie-Madeleine, sainte Marthe, saint Maximin, les saintes Marie (de la mer), …


Vendredi 28 août 2026
S. Augustin,

évêque, confesseur et

docteur de l’Église
3e classe

Temps après la Pentecôte



Oraison - collecte
Recevez favorablement nos supplications, Dieu tout-puissant, et puisque Vous voulez bien nous permettre d’espérer en Votre bonté, daignez, grâce à l’intercession du bienheureux Augustin, Votre Confesseur et Pontife, nous accorder les effets de Votre miséricorde habituelle. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Mémoire de saint Hermès, martyr :


Ô Dieu, qui avez donné à Votre Martyr, le bienheureux Hermès, le courage et la constance au milieu des supplices, faites qu’à son exemple et pour Votre amour, nous méprisions les faveurs du monde, et ne redoutions aucune adversité. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.

Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Saint Augustin naquit en 354 à Tagaste (dans l’Algérie actuelle). Sa mère, sainte Monique, lui apprit de bonne heure à prier. Après avoir goûté avec délices ses saintes leçons, il se laissa bientôt aller aux plus graves désordres.

Carthage n’offrant pas un théâtre assez vaste pour son génie, il alla à Rome et obtint le poste de maître d’éloquence à Milan.


« Mes iniquités, confesse-t-il, faisaient comme la boule de neige qui grossit à mesure qu’on la fait rouler ». Sa mère désolée adressait à Dieu des prières continues, accompagnées de larmes, et s’attachait aux pas de son fils.

À sa demande saint Ambroise l’accueillit avec bonté et l’éclaira sur les sciences divines. Un jour, sur une inspiration du Ciel, Augustin ouvrit les Épîtres de saint Paul et lut : « Ne croupissez pas dans la débauche et l’impureté ; mais revêtez-vous de Notre-Seigneur Jésus-Christ ». Aussitôt ses irrésolutions cessèrent et il reçut à trente-trois ans, à la veille de Pâques 387, le baptême.


Sept mois après ce grand bonheur, sainte Monique mourut en demandant à son fils « de se souvenir d’elle à l’autel du Seigneur ». Saint Augustin, devenu prêtre, célébrait pour elle le Saint Sacrifice. « Seigneur, disait-il souvent, ayez pitié de ma mère ; elle était bonne, elle pardonnait facilement, pardonnez-lui aussi ses fautes ».

Créé évêque d’Hippone, à l’âge de quarante et un ans, il commença dès ce moment à vivre canoniquement, c’est-à-dire en commun avec ses clercs. Cette communauté fournit à de nombreuses églises des évêques et des prêtres, et c’est ainsi que l’institut de saint Augustin se répandit peu à peu en Afrique, et plus spécialement dans les Gaules.


La Règle de saint Augustin, qui fait de lui l’un des quatre grands fondateurs d’Ordres religieux, est tirée de l’épître 211e qu’il écrivit à des religieuses et qui fut adaptée à une époque plus reculée aux hommes.


Grâce à la sublimité de sa science et à l’ardeur de son amour, ce Saint est aussi l’un des quatre grands Docteurs de l’Occident. Il mourut après trente-six ans d’épiscopat, en l’an 430, en récitant les sept Psaumes de la Pénitence.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Répétez souvent cette belle parole de saint Augustin : « Ô Beauté toujours ancienne et toujours nouvelle, que je Vous ai tard aimée ! »

Méditation du jour
Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais sa conversion  suite

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