Ste Geneviève
3 janvier

À cette époque où la liturgie nous montre en Jésus un Dieu qui vient donner Sa divinité aux âmes, aimons à voir comment la grâce transforma cette humble bergère en une héroïne qui fut une gloire pour l’Église et pour la France.

Comme celle de l’Enfant Jésus, « sa naissance a été saluée par les Anges », nous déclare saint Germain d’Auxerre.

« —Voudrais-tu, lui demande cet évêque, alors qu’elle n’a que sept ans, être consacrée au Christ dans une pureté sans tache comme Son épouse ? »

« —Ce que vous me demandez est le plus cher désir de mon cœur » répond sainte Geneviève.

À 14 ans, elle consacre à Dieu sa virginité dont nous parlent l’Épître et l’Évangile.

« —Allez, dit le Graduel, et vos vertus vous feront faire des prodiges ».

La capitale de la France lui fut confiée et par ses prières elle obtint qu’Attila, surnommé « le fléau de Dieu », n’assiégeât pas Paris.

Elle mourut à 80 ans, le 3 janvier 512.

C’est le jour de la Nativité que, lors du Baptême de Clovis par saint Remi, naquit le royaume des Francs. Demandons donc à sainte Geneviève, qui reçut l’Époux « lorsqu’Il vint au milieu de la nuit », d’obtenir que sa noble patrie accueille toujours davantage Jésus.

Chromolithographie tirée de « La Vie des Saints d’après les anciens manuscrits de tous les siècles »,
Henry de Riancey, éd. F. Kellerhoven, Paris - 1866, (coll. personnelle)

649

Un jour de l’année 429, deux saints évêques, saint Germain d’Auxerre et saint Loup de Troyes, traversaient le hameau de Nanterre en allant dans la Grande-Bretagne, où le clergé des Gaules les envoyait combattre par la parole l’hérésie menaçante de Pélage.

Autour d’eux se pressait la foule des paysans, grossière et à demi plongée dans les ténèbres du paganisme, malgré les efforts de l’Église naissante. Aussi saint Germain, cédant à l’ardeur de son zèle, se mit-il incontinent à les catéchiser. Frappé de l’attitude recueillie d’une petite fille qui l’écoutait, il l’interrogea avec bonté, l’exhorta à se vouer toute à Dieu, la bénit et lui donna une médaille sur laquelle était gravée une croix.

L’enfant, qui n’avait pas dix ans, s’appelait Geneviève ; elle était l’unique rejeton d’un homme libre, nommé Sévère, qui possédait quelque bien, et de sa femme Géronce. Elle était née l’an 422 (ou 423), saint Célestin Ier étant pape, Honorius empereur romain, Théodose II empereur d’Orient et Pharamon roi des Francs.

Le passage des deux missionnaires laissa dans l’âme de sainte Geneviève une impression ineffaçable. À mesure qu’elle croissait « en âge et en sagesse », elle s’affermit dans sa sainte résolution, et consacra à la prière les heures qu’elle pouvait ménager sur son labeur domestique.

À quinze ans, elle prit le voile. Les vierges ayant fait vœu de chasteté perpétuelle n’étaient pas encore soumises à l’obligation de vivre ensemble sous un toit commun ; elles continuaient d’habiter au sein de leur famille, et ne s’en séparaient qu’à l’église, où une place particulière leur était réservée ; elles portaient les cheveux longs et s’habillaient simplement d’une étoffe noire ou brune.

Vers 438, sainte Geneviève, devenue orpheline, quitta le village pour aller demeurer à Paris, dans la Cité, tantôt chez sa marraine, tantôt dans son propre logis. Quoique religieuse, elle conservait l’administration de son patrimoine, qui devait être assez considérable, si l’on en juge par ses fréquentes libéralités, par ses fondations et ses voyages. La tradition qui en fait une humble bergère n’en est pas atteinte pour cela ; car, ainsi que fit plus tard sainte Jeanne d’Arc dans une condition à peu près semblable, elle se conforma au genre de vie pratiqué durant des siècles chez les paysans, quel que fût leur degré d’aisance, en gardant les troupeaux et mettant la main à tous les travaux de la campagne.

L’an 450 s’annonça en Gaule par de sinistres présages ; tremblements de terre, disette, épidémie, globes de feu semblaient le prélude de la fin du monde. Puis éclata un fléau plus terrible, que l’on marqua du sceau de la colère divine : Attila passa le Rhin, entraînant, avec ses Huns, tous les barbares du Nord, accourus à la suite pour faire en quelque sorte cortège au génie de la destruction. Chaque ville, chaque province qui se trouva sur le passage des envahisseurs fut mise à feu et à sang. Au milieu de l’épouvante générale, les évêques gaulois donnèrent l’exemple du courage, et gagnèrent en plusieurs endroits la palme du martyre.

Sainte Geneviève, qui n’avait cessé de prophétiser la venue des Huns, n’en conseilla pas moins aux Parisiens de s’enfermer dans leur île, au lieu de fuir ; elle les conjura de s’armer, d’implorer l’assistance du Ciel, de faire pénitence de leurs fautes, et les assura qu’ainsi fortifiés, ils n’auraient point lieu de rien craindre. L’événement justifia cette prédiction : Attila passa à quelque distance de Paris, et bientôt la victoire de Châlons le força de battre en retraite. Ce fut un signalé triomphe pour la sainte fille, dont la renommée s’étendit de toutes parts, même jusqu’en Orient, où saint Siméon Stylite se recommanda à ses prières.

Quelques temps après —sous Mérovée ou Childéric, on ne sait— les Francs, qui venaient de faire irruption dans la Gaule, mirent le siège devant Paris et, malgré la résistance qu’opposa la garnison romaine, finirent par s’en rendre maîtres. Cette guerre, ayant traîné en longueur, ruina le pays et le livra aux horreurs de la famine. Émue de compassion, sainte Geneviève n’hésita pas à remonter la Seine, puis l’Aube jusqu’à Troyes, et revint de ce pénible voyage avec onze grandes barques chargées de blé qu’elle distribua aux plus pauvres habitants.

Il est difficile de préciser l’époque où Clovis entra en relations avec elle ; mais on peut présumer en toute vraisemblance qu’il alla la voir dans les premières années qui suivirent son baptême, visite d’autant plus naturelle que le fait s’en reproduit partout où quelque chef barbare rencontrait sur son passage les représentants de la Foi chrétienne. Dans ses différents séjours à Paris, le roi lui donna des marques multipliées de sa bienveillance, et ce fut par ses conseils qu’il bâtit, non loin des Thermes de Julien, une basilique aux saints Apôtres Pierre et Paul.

Sainte Geneviève entretint avec saint Remi des rapports spirituels ; elle fit à son intention de fréquents voyages à Reims. Sa dévotion à saint Denis l’avait déjà portée à lui élever une église de ses deniers ; une égale révérence envers saint Martin la détermina, quoique bien âgée, à se rendre à Tours, où elle pria sur son tombeau.

Enfin, après une vie passée tout entière dans la pratique des bonnes œuvres, elle mourut le 3 janvier 512, plus que nonagénaire, saint Symmaque étant pape, Anasthase empereur d’Orient et Clovis venant tout juste de mourir, Childebert Ier et ses frères rois de France. On l’inhuma dans l’église des Apôtres, qui fut dès lors placée sous son invocation, et vers 630 une châsse magnifique, œuvre de saint Éloi, reçut ses restes. Elle est la patronne de Paris, qui l’a toujours honorée d’un culte fervent.

[Voir courrier des lecteurs (« Des questions ? » pavé bleu colonne de gauche, puis rubrique : Les Saints du calendrier) sur sainte Geneviève.]


Lundi 9 mars 2026
de la troisième semaine de Carême
3e classe
Temps du Carême



Oraison - collecte
Nous Vous supplions, Seigneur, de répandre en toute bonté Votre grâce dans nos cœurs afin que, de même que nous nous abstenons de manger des viandes, nous retirions aussi nos sens de tout excès nuisible. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Mémoire de sainte Françoise Romaine, veuve :


Ô Dieu, qui, entre autres dons de Votre grâce avez rendu Votre servante la bienheureuse Françoise, illustre par ses rapports familiers avec un Ange, accordez-nous, par l’intercession de cette Sainte de mériter d’être introduits dans la société des Anges. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.

Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Sainte Françoise, noble dame Romaine, fut la femme forte dont nous parle la Sainte Écriture rappelée par l’Épître de la Messe des saintes femmes.

Unie dès l’âge de onze ans par les liens du mariage à Laurent de Ponziani, elle fut durant quarante années le type achevé de l’épouse chrétienne.

Évitant les fêtes, portant des vêtements d’une grande simplicité, donnant à l’oraison et au service des pauvres tout ce qui lui restait de temps après l’accomplissement de ses devoirs domestiques, elle fonda à Rome la maison des Oblates de la Congrégation du Mont-Olivet, sous la règle de saint Benoît (1433).


C’est là qu’après la mort de son mari, elle se retira afin d’acheter, au prix de tous ses biens, la perle précieuse de la Vie éternelle. Devenue ainsi « l’épouse du Christ », elle puisa dans la contemplation continuelle de la Passion de Jésus l’énergie divine qui lui permit de réduire de toutes façons son corps en servitude.


Pour la soutenir dans les luttes terribles qu’elle eut avec le démon, Dieu la favorisa de la présence visible de son Ange gardien avec lequel elle conversait familièrement.


Elle mourut en 1440. Son corps repose à Rome en la basilique de Santa Maria Nuova près du Forum, appelée aussi Sainte-Françoise-Romaine. En 1934, Pie XI en a fait une église stationnale.


En ce saint temps de pénitence, imitons comme sainte Françoise la vie toute de sacrifices du Sauveur.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Visitez les malades ; montrez-leur une grande charité.

Méditation du jour
Je suis né pour Dieu  suite

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