S. Joseph, artisan
1er mai

  • Résumé

  • Prière à saint Joseph artisan composée par Pie XII

  • Discours aux travailleurs Catholiques Italiens (Pie XII)

RÉSUMÉ :

L’Église autrefois baptisa les fêtes païennes, usant avec une souveraine liberté des dates et des cérémonies pour les doter d’un contenu Chrétien tout nouveau.

S’inspirant de cette tradition, voici qu’elle place la fête civile du travail, le premier mai, sous le puissant patronage de saint Joseph, l’humble artisan que Dieu a choisi pour veiller sur l’enfance du Verbe incarné.

Qui, mieux que lui, en son labeur de chaque jour, rendit grâces à Dieu le Père par le Seigneur Jésus, son apprenti docile et obéissant, Celui que l’on appelait le fils du charpentier ?

Puisse saint Joseph couvrir de sa vigilante protection ce monde du travail dont il partagea le sort austère : puisse-t-il guider et soutenir ses efforts pour faire régner dans le monde la justice et la charité, sous la loi d’amour du Christ Jésus.

Prière à saint Joseph artisan

Prière à saint Joseph artisan composée par Pie XII (11 mars 1958).

Pie XII a accordé une indulgence partielle de trois ans aux travailleurs qui réciteront cette prière avec piété et d’un cœur contrit.

Vitrail de la basilique Notre-Dame de La Salette (détail)
(Photo Abbé JMS)

1396

Ô glorieux Patriarche saint Joseph, humble et juste artisan de Nazareth, qui avez donné à tous les Chrétiens, mais spécialement à nous, l’exemple d’une vie parfaite dans le travail assidu et dans une admirable union avec Marie et Jésus, aidez-nous dans notre tâche quotidienne, afin que nous aussi, artisans catholiques, nous puissions trouver en celle-ci le moyen efficace de glorifier le Seigneur, de nous sanctifier et d’être utiles à la société où nous vivons, tous idéaux suprêmes de notre activité.

Obtenez-nous du Seigneur, ô Protecteur bien-aimé, humilité et simplicité de cœur, amour pour le travail et bienveillance pour ceux qui y sont nos compagnons, conformité à la volonté divine dans les souffrances inévitables de cette vie et joie en les supportant, conscience de notre mission sociale spécifique et sens de notre responsabilité, esprit de discipline et de prière, docilité et respect envers les supérieurs, fraternité envers nos égaux, charité et indulgence pour ceux qui dépendent de nous.

Soyez avec nous dans les moments de réussite, quand tout nous invite à goûter honnêtement les fruits de nos fatigues ; mais soutenez-nous dans les heures tristes, lorsque le Ciel semble se fermer pour nous et les instruments du travail se rebeller eux-mêmes entre nos mains.

Faites qu’à votre exemple, nous tenions les yeux fixés sur notre Mère Marie, votre très douce épouse, qui filait silencieusement dans un coin de votre modeste atelier, laissant glisser sur ses lèvres le sourire le plus suave ; que nous n’éloignions pas notre regard de Jésus qui s’affairait avec vous à votre établi de menuisier ; ainsi pourrons-nous mener sur terre une vie paisible et sainte, prélude de celle éternellement heureuse qui nous attend dans le Ciel, pour tous les siècles des siècles.

Ainsi soit-il !

Discours aux travailleurs Catholiques Italiens
(Pie XII, 1er mai 1955)

  • Sous le patronage de saint Joseph, les A. C. L. I. (Associations Catholiques des Travailleurs Italiens) doivent rendre le Christ présent dans le milieu de travail, la famille et la cité.

  • La formation religieuse du Catholique et spécialement de l’ouvrier est un des principaux devoirs de l’action pastorale moderne.

  • L’amour de l’Église pour l’ouvrier la pousse à réclamer un ordre social plus juste et à en indiquer les principes fondamentaux.

  • Les Catholiques, les jeunes en particulier, ne doivent pas se décourager malgré d’apparents insuccès.

Vitrail de la basilique Notre-Dame de La Salette (détail)
(Photo Abbé JMS)
La Croix saint Joseph, ou la Croix de l
La Croix saint Joseph, ou la Croix de l'Enfant Jésus.
Atelier familial avec Saint Joseph artisan, son apprenti l'Enfant Jésus et la Maman veillant discrètement.

1695

« Il y a un peu plus de dix ans, le 11 mars 1945, en un moment délicat de l’histoire de la nation italienne et spécialement de la classe ouvrière, Nous reçûmes en audience, pour la première fois, les A.C.L.I.

Nous savons, chers fils et filles, que vous tenez en grand honneur ce jour, où vous avez été publiquement reconnus par l’Église. Au cours de sa longue histoire, l’Église a toujours été soucieuse de répondre aux nécessités des temps, en inspirant, dans ce but, aux fidèles la pensée et le dessein de s’unir en des associations particulières. C’est ainsi que les A.C.L.I. entrèrent en scène, avec l’approbation et la bénédiction du Vicaire du Christ.

« Dès l’origine, Nous avons mis vos associations sous le puissant patronage de saint Joseph. Il ne pourrait en effet y avoir de meilleur protecteur pour vous aider à faire pénétrer dans votre vie l’esprit de l’Évangile. Cet esprit, en effet, Nous le disions alors, se répand en vous et chez tous les hommes du Cœur même de l’Homme-Dieu, Sauveur du monde, mais il est certain aussi qu’aucun travailleur n’en fut jamais aussi parfaitement pénétré que le père putatif de Jésus, qui vécut avec Lui dans l’intimité et la communauté les plus étroites de la famille et du travail. Aussi si vous voulez être proches de Jésus, Nous vous répétons encore aujourd’hui : Ite ad Joseph : Allez à Joseph ! (Gen. XLI, 55).

« Les A. C. L. I. doivent donc faire sentir la présence du Christ à leurs propres membres, à leurs familles et à tous ceux qui vivent dans le monde du travail. N’oubliez jamais que votre premier souci est de conserver et d’accroître la vie chrétienne chez le travailleur. Dans ce but, il ne suffit pas que vous accomplissiez vos devoirs religieux et que vous entraîniez à y satisfaire ; il faut aussi que vous approfondissiez votre connaissance de la doctrine de la Foi et que vous compreniez sans cesse mieux ce que comporte l’ordre moral du monde, établi par Dieu, enseigné et interprété par l’Église, en ce qui concerne les droits et les devoirs du travailleur d’aujourd’hui.

« Nous bénissons donc vos efforts et, spécialement, les cours et les conférences que vous organisez opportunément, ainsi que les prêtres et les laïcs qui y coopèrent par leur enseignement. On ne fera jamais assez dans ce domaine, tant est grand le besoin d’une formation méthodique, attrayante et toujours adaptée aux circonstances locales. Il faut éviter avec le plus grand soin que l’heureux résultat du généreux travail, accompli pour établir et étendre le royaume de Dieu, soit contrarié ou jeté bas en cédant à des ambitions personnelles ou à des rivalités de groupes particuliers. Les A.C.L.I. doivent savoir qu’elles auront toujours Notre appui tant qu’elles s’en tiendront à ces normes et donneront aux autres organisations l’exemple d’un zèle désintéressé dans le service de la cause catholique. »

(La formation religieuse du Catholique et spécialement de l’ouvrier est un des principaux devoirs de l’action pastorale moderne.)

« Depuis longtemps malheureusement, l’ennemi du Christ sème la discorde dans le peuple italien, sans rencontrer toujours et partout une résistance suffisante de la part des Catholiques. Spécialement dans le milieu des travailleurs, il a fait et fait tout le possible pour diffuser de fausses idées sur l’homme et le monde, sur l’histoire, sur la structure de la société et de l’économie. Le cas n’est pas rare où l’ouvrier catholique, faute d’une solide formation religieuse, se trouve désarmé, quand lui sont présentées de telles théories ; il n’est pas capable de répondre et, parfois même, il se laisse contaminer par le poison de l’erreur.

« Cette formation, les A. C. L. I. doivent donc l’améliorer sans cesse davantage, convaincues comme elles le sont qu’elles exercent de la sorte l’apostolat du travailleur parmi les travailleurs, que Notre prédécesseur Pie XI d’heureuse mémoire souhaitait dans son encyclique Quadragesimo Anno. La formation religieuse du Catholique, et spécialement du travailleur, est une des principales tâches de l’action pastorale moderne. De même que les intérêts vitaux de l’Église et des âmes ont imposé l’institution d’écoles catholiques, pareillement aussi la véritable et profonde instruction religieuse des adultes est une nécessité de premier ordre. De la sorte, vous êtes sur la bonne voie ; continuez avec courage et persévérance, et ne vous laissez pas détourner par des principes erronés. »

(L’amour de l’Église pour l’ouvrier la pousse à réclamer un ordre social plus juste et à en indiquer les principes fondamentaux.)

« Car ces principes erronés sont à l’œuvre. Combien de fois avons-Nous affirmé et expliqué l’amour de l’Église envers les ouvriers ! Et, cependant, on propage largement l’atroce calomnie que « l’Église est alliée au capitalisme contre les travailleurs » !

Mère et maîtresse de tous, elle est toujours particulièrement soucieuse à l’égard de ses fils qui se trouvent dans des conditions plus difficiles et, de fait, elle a d’ailleurs efficacement contribué à la réalisation des honnêtes progrès déjà obtenus par diverses catégories de travailleurs.

« Nous-même, dans le radio-message de Noël 1942, Nous disions : « Toujours inspirée par des motifs religieux, l’Église condamna les divers systèmes du socialisme marxiste et les condamne encore aujourd’hui, conformément à son devoir et à son droit permanent de préserver les hommes de courants et d’influences qui mettent en péril leur salut éternel. Mais l’Église ne peut pas ignorer ou ne pas voir que l’ouvrier, dans son effort pour améliorer sa situation, se heurte à tout un système qui loin d’être conforme à la nature, est en opposition avec l’ordre de Dieu et avec la fin assignée par Dieu aux biens terrestres.

Si fausses, si condamnables, si dangereuses qu’aient été et que soient les voies suivies, qui pourrait, et surtout quel prêtre, quel chrétien pourrait rester sourd au cri qui monte d’en bas et réclame dans le monde d’un Dieu juste, justice et fraternité ? »

« Jésus-Christ n’attend pas qu’on Lui ouvre le chemin pour pénétrer les réalités sociales, avec des systèmes qui ne dérivent pas de Lui, qu’ils s’appellent « humanisme laïque » ou « socialisme purgé du matérialisme ». Son royaume de vérité et de justice est présent jusque dans les régions où l’opposition entre les classes menace sans cesse de prévaloir. Aussi l’Église ne se limite pas à invoquer cet ordre social plus juste, mais en indique les principes fondamentaux, en sollicitant les dirigeants des peuples, les législateurs, les employeurs et les directeurs des entreprises à les mettre en exécution. »

(Les catholiques, les jeunes en particulier, ne doivent pas se décourager malgré d’apparents insuccès.)

« Mais Notre discours, maintenant, s’adresse particulièrement à ceux des Catholiques italiens que l’on dit « désillusionnés ». En effet, surtout parmi les jeunes, même avec les meilleures intentions, ne manquent pas ceux qui auraient attendu davantage de l’action des forces catholiques dans la vie publique du pays.

Nous ne parlons pas ici de ceux dont l’enthousiasme n’est pas toujours accompagné d’un calme et sûr sens pratique à l’égard des faits présents et futurs et des faiblesses de l’homme ordinaire. Nous faisons plutôt allusion à ceux qui reconnaissent fort bien les notables progrès obtenus malgré la condition difficile du pays, mais qui, pleinement conscients de leurs possibilités et capacités, sentent douloureusement qu’elles ne trouvent pas de terrain pour être mises en valeur. Sans doute trouveraient-ils une réponse à leur plainte s’ils lisaient attentivement le programme des A. C. L. I. qui exige que le travail des subordonnés ait une part effective dans l’organisation de la vie économique et sociale de la nation et demande qu’à l’intérieur des entreprises chacun soit réellement reconnu comme un véritable collaborateur. »

(Première partie)


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