N° 1309

LES TOURTERELLES DU PRIEURÉ

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La Sainte Écriture peut nous aider à élever le regard du simple et fondamental symbole pascal de la Résurrection (l’éclosion des œufs et le renouveau printanier) pour la vie de la grâce sur terre (par la conversion, la confession…) et pour la Vie éternelle dont la Résurrection de Notre Seigneur est le gage. Ainsi sont ces oisillons ou ces agneaux nouvelés (« Isti sunt agni novelli… »). Alleluia ! Alleluia !

TOURTERELLES BIBLIQUES

Nous chantons ou récitons chaque vendredi, à l’office de Sexte, le psaume de David « Quam dilecta tabernacula Tua… », avec ce beau passage qui est le but de nos soupirs dans cette vallée de larmes : « Mon âme brûle et languit après la maison du Seigneur ; mon cœur et ma chair brûlent d’une ardeur pleine de joie pour le Dieu vivant ; car comme le passereau [qui vaut à peine, ou pas un sou (Mt., X, 29)] trouve une maison pour s’y retirer, et la tourterelle un nid pour y placer ses petits, je désire que Vos autels, Seigneur des armées célestes, mon Roi et mon Dieu, soient ma retraite » (Ps., LXXXIII, 3). Ici-bas, en attendant l’Éternité, pour être à l’abri. Car c’est bien ce que font nos tourterelles qui s’approchent de nous depuis l’année dernière : plus familières, elles ne nous craignent guère malgré nos mouvements et nos repas sur la terrasse. En revanche leurs prédateurs sont plus méfiants et s’approchent moins. L’image trouvée par le roi David avait été bien observée…

On ne peut oublier évidemment cette parole profonde de tristesse de Jésus : « …combien de fois ai-Je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses petits sous ses ailes, et tu n’as pas voulu ?… » (Mt., XXIII, 37).

NOTRE PRIEURÉ : ABRI POUR TOURTERELLES…

Quant à nous, nous savons combien notre petite retraite au prieuré est salutaire pour voir les choses d’en-bas avec un peu de recul, voire de dédain, les préoccupations du monde devant être bien étrangères pour ceux qui nous approchent comme des tourterelles confiantes…

« —Oui, mais on peut très bien s’en passer !… » Certes, c’est en effet ce que font tous les païens, apostats, simples incroyants ou agissants comme tels ! Mais on oublie que, provisoirement, le bon Dieu « fait lever Son soleil sur les bons et sur les méchants, et pleuvoir sur les justes et les injustes (Mt., IV, 45) ». C’est-à-dire ce qu’on considère comme avantage (récompense) d’un côté et inconvénient (punition) de l’autre. Et de plus, les mauvais bons se plaignent d’être maltraités par la Providence et de voir les méchants s’en tirer, justifiant ainsi leur désertion et les faux arguments des méchants.

Mais déjà la Révélation nous enseignait dès l’Ancien Testament que « cependant, les justes, enfants des bons, sacrifiaient en secret ; et ils établirent d’un commun accord cette loi de justice, que les justes devaient recevoir également [de la même manière] les biens et les maux » (Sag., XVIII, 9).

Et la conclusion qui doit être tirée, catholiquement, est donnée encore par la Révélation, par l’intermédiaire de saint Paul : « Or nous savons que tout coopère au bien pour ceux qui aiment Dieu, pour ceux qui, selon Son décret, sont appelés à être saints » (Rom., VIII, 28).

Alors que penser de ceux qui passent leur temps à gémir sur… le mauvais temps (c’est-à-dire la pluie si bénéfique, autant que le soleil qui les dérange aussi en faisant fondre la neige trop vite par exemple…) ? Merci mon Dieu !

(suite : Bulletin Dominical N° 1312)

Pour nous aider à méditer

La simplicité n’est autre chose qu’un acte de charité pur et simple qui n’a qu’une seule fin, qui est d’acquérir l’amour de Dieu ; et notre âme est simple lorsque nous n’avons point d’autre prétention en tout ce que nous faisons ou désirons. (S. François de Sales, Les vrais entretiens spirituels. Simplicité, XIII).

Notes tirées du sermon

Comme le remarque saint François de Sales, si la Révélation nous en est donnée dès le livre de la Genèse, tandis que Dieu dit : « Faisons l’homme à Notre image et ressemblance » paroles par lesquelles la Trinité était montrée (car il ne s’agit pas d’un pluriel de majesté), « jamais l’apparition n’en avait été faite avant Abraham, dont avec mérite on a appelé justement Abraham “père des croyants”, comme ayant eu une si signalée révélation de ce mystère fondamental de notre Foi : Apparuit Dominus ; “tres vidit, et unum adoravit ” dit la Glose » (Sermons, XXX).

« Et afin que nous n’ignorions pas que ce fut une apparition d’un Dieu en Trinité, après qu’Abraham eut vu ces trois, il en adore l’unité : “et lorsqu’il les eut vus, il courut au-devant d’eux de l’entrée de sa tente, et il se prosterna en terre, et il dit ‘Seigneur, si j’ai trouvé grâce à Tes yeux, ne passe pas au-delà de Ton serviteur. J’apporterai un peu d’eau et Vous laverai Vos pieds, et Vous Vous reposerez sous cet arbre’ (Gen., XVIII, 2)”. Tantôt à tous trois il parle au singulier et tantôt au pluriel, pour montrer l’unité en trinité ».

De manière habituelle, les textes français modernes, qu’ils soient bibliques ou liturgiques, donnent le plus souvent un pénible, indélicat et irrespectueux tutoiement à l’égard de Dieu, ce qui est parfaitement inadmissible puisque le génie propre de notre langue utilise précisément le voussoiement comme marque de respect. Si cette marque n’est pas donnée à Dieu, à qui peut-on alors l’accorder ? Aussi recommandé-je habituellement de traduire systématiquement, en lisant ou en priant, les tu en Vous. Mais ici, il faut nécessairement conserver le particularisme latin qui fait la seule distinction du singulier du pluriel qui, ici, a son importance théologique.

Offrons notre tête courbée, prête au besoin à être tranchée, en saluant nous aussi en disant : « Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ! »

Recommandation spirituelle de la semaine

Songer que les mauvaises habitudes de langage sont préjudiciables à notre bon comportement même intérieur : « Redressez ce qui est dévié ».


Vendredi 19 décembre 2025
des Quatre-Temps de l’Avent
2e classe
Temps de l’Avent



Oraison - collecte
Nous Vous en supplions, Dieu tout-puissant, faites que la prochaine solennité de la venue du Rédempteur nous procure des secours pour la vie présente et nous fasse obtenir les récompenses de l’éternelle Béatitude. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Le bienheureux Urbain V, de son nom de famille Guillaume de Grimoard, naquit près de Mende, sur un sommet des Cévennes en 1310. Il gravit rapidement les degrés successifs de l’échelle des lettres et des sciences. La vie religieuse s’offrit alors à lui comme l’idéal qui répondait le mieux aux tendances de son esprit et aux besoins de son cœur.


Il alla frapper à la porte de l’abbaye de Saint-Victor, près de Marseille, et, à l’ombre paisible du cloître, il s’éleva chaque jour de vertu en vertu. On remarquait particulièrement en lui une tendre dévotion pour la sainte Vierge.

Après avoir enseigné à Montpellier, à Paris, à Avignon et à Toulouse, et été peu de temps abbé de Saint-Germain d’Auxerre, il fut envoyé en Italie par le Pape Clément VI en qualité de légat. C’était, à son insu, un acheminement vers la plus haute dignité qui soit au monde. Il fut élu pape en 1362 et prit le nom d’Urbain V, parce que tous les papes qui avaient porté ce nom l’avaient illustré par la sainteté de leur vie.


C’est lui qui ajouta à la tiare papale une troisième couronne, non par orgueil, mais pour symboliser la triple royauté du Pape sur les fidèles, sur les Évêques et sur les États romains.


Il se proposa, en montant sur le trône de saint Pierre, trois grands projets : ramener la papauté d’Avignon à Rome, réformer les mœurs, propager au loin la Foi catholique.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Ne vous attribuez la gloire de rien, rapportez tout à Dieu et à Sa grâce.


Méditation du jour
Les désirs du Prêtre  suite

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