N° 1285
Sainte nouvelle Année !

Si la nouvelle année liturgique commence comme elle s’est terminée, c’est-à-dire sur la méditation du Jugement dernier avec les paroles apocalyptiques de Notre-Seigneur Jésus-Christ Lui-même, rapportées par les saints Évangiles, c’est qu’en toutes choses il faut considérer la fin, et lui adapter les bons moyens, efficaces. Alors comme disaient les grands saints d’autrefois : « Je vous souhaite, comme vœux, de bien mourir ! » C’est qu’en effet, nous n’avons rien de mieux à faire que de nous préparer à bien mourir, pour le Ciel, en vivant bien.

N° 1285
Le grand saint Nicolas

1544

Quand les pays encore catholiques tentent de garder leurs traditions cela vous a tout de même une autre allure —même aujourd’hui— que les monstruosités païennes issues des caricatures du protestantisme. Car il faut quand même le dire pour que cela ne soit pas totalement oublié : le mot de Noël est sombrement dévalué depuis qu’on lui a accolé le pourtant beau nom de père (et dans notre temps de destruction finale des familles, on tente même d’y ajouter une mère !).

Caricature protestante ? Oui ! C’est d’Allemagne qu’est partie l’idée d’un pasteur luthérien d’une caricature du saint Évêque de Myre, patron des écoliers, pour traverser l’Atlantique au temps de la première guerre mondiale. Bien accueilli dans ce pays où toutes les sectes peuvent se développer librement. Les États-uniens, toujours généreux, n’ont pas hésité à nous le renvoyer à la fin de la seconde guerre mondiale avec chouinegomme et autres Boli-Bola qui fait sa publicité avec la couleur rouge imposée par cette marque au Bruder Klaus américanisé et transformé chez nous en pairenouelle. Quand je pense que des parents m’ont reproché, à l’occasion, de dénoncer jusqu’en chaire cette « croyance » si monstrueuse pour des enfants qui découvriront un jour que leurs propres parents leur ont raconté n’importe quoi. Finie alors la confiance aux parents, finie la vraie foi catholique qui leur aura peut-être été donnée, plus ou moins bien, simultanément.

Et on lui écrit des lettres pour avoir des jouets ! On oublie le fondement catholique : remercier l’Enfant-Jésus de venir naître humblement pour nous sauver, nous redonner le Ciel, nous en réjouir en famille et offrir aux enfants des cadeaux de la part de l’Enfant-Jésus qui nous fait le suprême cadeau de Sa propre Vie.

UN EMPIRE QUI FUT CATHOLIQUE

Engelbert Dollfuss (1892-1934), chancelier catholique d’Autriche, assassiné par les francs-maçons. Remarquer la Croix potencée servant de fond au nom de l’Autriche et soutenant le portrait.
Engelbert Dollfuss (1892-1934), chancelier catholique d’Autriche,
assassiné par les francs-maçons.
Remarquer la Croix potencée servant de fond au nom de l’Autriche et soutenant le portrait.

1545

Ainsi, dans ce qui reste de l’ancien Empire catholique Romain-germanique, réduit ensuite à l’empire d’Autriche-Hongrie et aujourd’hui à l’humble Autriche qui a connu un chancelier vraiment catholique, Dollfuss, refusant le national-socialisme de son envahissant voisin, et qui a été assassiné par les francs-maçons le 25 juillet 1934. Moi, je préfère ce pays un peu moins apostat que la Fille aînée de l’Église où on y fête partout saint Nicolas pour encourager les enfants à avancer dans le Temps de l’Avent. Et puis il faut entendre les Petits Chanteurs de Vienne encourager les enfants à chanter l’Enfant-Dieu : « Pueri Concinite », chant que nous avons eu la grâce d’entendre en notre veillée de Noël il y a quelques années.

CHARMANTE TRADITION À CHRISTKINDL

1546

Il y a dans le Haute-Autriche, au sud de Linz, un hameau qui porte le joli nom de Christkindl (Enfant-Jésus) et qui possède une élégante église de pèlerinage. « Une charmante tradition y est attachée » indique le Guide Vert édité par les établissements de cette ancienne famille catholique auvergnate, les Michelin.

LE COURRIER DU PETIT JÉSUS

La Poste autrichienne ouvre chaque année à Christkindl, pendant le Temps de l’Avent jusqu’à l’Épiphanie, le bureau de poste de l’Enfant-Jésus, qui achemine des vœux de Noël dans le monde entier et répond aux lettres adressées par les enfants à l’Enfant-Jésus (sous réserve qu’ils joignent un timbre pour la réponse. Il s’agit des enfants autrichiens, car les timbres étrangers ne peuvent faire l’affaire sauf à envoyer un coupon-réponse international). Ainsi, pour le seul Noël 2001, plus de deux millions de lettres et de cartes du monde entier sont passées par ce bureau de poste.

1549

Si vous voulez écrire à l’Enfant-Jésus, je souhaite que ce soit un saint prêtre, vraiment catholique, qui vous réponde en Son Nom, et non un brave laïc ne connaissant plus guère son catéchisme… Voici l’adresse :

Christkindl Postamt — A-4411 STEYR Oberösterreich (Autriche)

Pendant la même période il y a une exposition de crèches dans les anciens communs de la cure. Une crèche animée dont la réalisation a nécessité pas moins de quarante années (1899-1939) avec un système de chaînes et d’engrenages qui assure l’animation des trois cents personnages qui la composent. Et puis, avec ses 778 personnages et une superficie de 58 m2, la crèche de Pöttmesse réalisée entre 1930 et 1934 est l’une des plus grandes du monde.

Pour nous aider à méditer

Il se faut bien garder de penser que les infirmes soient plus inutiles en Religion que les forts et robustes, qu’ils fassent moins ou aient moins de mérite, et par conséquent soient moins récompensés de Notre Seigneur, parce que tous font également la volonté de Dieu. (S. François de Sales, Les vrais entretiens spirituels., XIV).

Notes tirées du sermon

Derechef ce dimanche : « Mais pourquoi Jésus-Christ parle-t-Il si souvent du jugement et de la fin du monde ? C’est pour nous remplir de crainte. Mais pourquoi veut-Il que nous craignions ? (voir le dernier Bulletin Dominical).


« La crainte est double : la divine et l’humaine. La crainte de Dieu est quadruple : servile, mercenaire, filiale, crainte des épouses » nous a indiqué S. François de Sales. « Les serviteurs qui agissent par crainte des châtiments : elle se subdivise en bonne et mauvaise. Mauvaise lorsqu’elle n’exclut pas la volonté de pécher et qu’elle en contient même le désir. Ainsi, qui dirait : “Si Dieu prescrivait telle chose et ne sanctionnait pas ce précepte par la menace d’un châtiment, etc., je pécherais; mais comme, etc.,” celui-là serait pécheur d’affection. Bien plus, cette crainte même serait péché, parce qu’il jugerait le châtiment plus à craindre que la faute et que Dieu, et qu’il estimerait son avantage au-dessus de tout et de Dieu même.


« La charité chasse la crainte. (I Jn, IV, 18). La crainte dont nous parlons ne diffère en rien du stérile regret des damnés. La crainte des esclaves peut être bonne :

1°) quand, sans faire la réflexion indiquée plus haut, on redoute simplement l’enfer; ce fut la crainte des Ninivites. Cette crainte est inculquée par Jésus-Christ, par les Apôtres. Il est permis de porter son cœur au bien en vue de la récompense, donc de l’éloigner du péché par crainte du châtiment ;

2°) quand la crainte excite et entraîne au désir de servir Dieu et d’éviter le péché, etc. Cette crainte est un acte d’espérance, car la même vertu qui pousse au bien détourne aussi du mal. »


Quant à la « crainte des épouses », elle suppose que nous ayons une tout autre vision du rôle de l’épouse que celle de la suffragette, de l’ « épousâtre » ou de l’égale et paritaire de l’homme de notre monde moderne et apostat. Il suffit pour comprendre de se référer à ce que dit S. Paul en comparant l’union des époux à celle si parfaite du Christ et de l’Église Son épouse.

Recommandation spirituelle de la semaine

L’Espagne (et curieusement la Finlande protestante) honore saint Nicolas en chômant le jour de sa fête. Mais ce pays, ainsi que l’Autriche, l’Italie, Monaco et le Portugal (honneur à ces pays !) chôment le jour de l’Immaculée Conception, le 8 décembre, cette grandiose fête de la Sainte Vierge.


Vendredi 2 octobre 2026
Les Saints Anges Gardiens
3e classe
Temps après la Pentecôte

1er vendredi du mois


Oraison - collecte
Ô Dieu, qui, en votre providence ineffable, daignez envoyer Vos saints Anges pour nous garder, accordez à ceux qui Vous en supplient, d’être sans cesse défendus par leur protection, et de jouir éternellement de leur société. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.
Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Cette fête, célébrée par les Espagnols au XVIe siècle, fut étendue par Paul V en 1608 à l’Église universelle. Clément X (1670) la fixa au premier jour libre après la Saint Michel à savoir le 2 octobre.

Entrés déjà dans la gloire, les Anges ont pour première mission d’adorer la Divinité. Aussi dans la Préface de la Messe, l’Église nous fait-elle demander à Dieu de permettre que nous mêlions nos voix aux leurs pour Le louer :


« J’ai vu les Séraphins, dit Isaïe, ils se tenaient debout près du trône sublime où le Seigneur Dieu était assis ; la face voilée, ils criaient de l’un à l’autre : Saint, Saint, Saint est le Seigneur Dieu des armées, toute la terre est pleine de Sa gloire » (Isaïe, VI, 1).


Mais, comme l’indique leur nom, les Anges sont aussi les messagers des divines Volontés. Les saints Pères enseignent qu’ils président à toutes les choses créées, et saint Paul déclare « qu’ils ont pour mission de servir les futurs héritiers du salut » (Héb. I, 14). On les appelle pour ce motif Anges gardiens.

On pense généralement que les royaumes, les provinces, les familles, les diocèses, les églises, les communautés religieuses, ont chacun leur Ange tutélaire :


Dans certains pays on célèbre la fête de l’Ange de la Nation. Saint François de Sales dit que l’évêque comme tel a un second Ange gardien.

Ézéchiel dit que l’Ange du Temple de Jérusalem portait une écritoire attachée à sa ceinture (Éz. XI). Ces Anges des Églises, ajouta saint Basile, écrivent nos irrévérences.


Cela au moins n’est pas douteux quant à chaque juste, aussi l’Église applique-t-elle aux âmes qui appartiennent à la Loi nouvelle ce qui est écrit du peuple de l’Ancienne Loi :

« Je vais envoyer Mon Ange, afin qu’il marche devant vous qu’il vous garde pendant le chemin, et qu’il vous fasse entrer dans la terre que Je vous ai préparée ».

Notre Ange Gardien a pour mission de nous protéger et de nous défendre afin que sous sa protection, toujours à l’abri des embûches des ennemis de notre âme et de toutes les adversités, nous puissions parvenir à la terre promise de la Vie éternelle.

Ce compagnon fidèle mérite notre reconnaissance et la vénération qui convient à un Saint qui jouit déjà de la vision béatifique.

Et c’est pour nous encourager à cette pratique habituelle des âmes chrétiennes que l’Église a institué cette fête des saints Anges Gardiens.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Ne passez pas un jour sans faire quelque acte de dévotion envers votre Ange gardien ; vivez dans la compagnie des Anges, imitez les Anges.

Méditation du jour
Charité des Esprits bienheureux  suite

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