N° 1336
À propos des simplifications (dans la Liturgie)

1973

Nous en sommes bien d’accord : les simplifications dans la liturgie catholique sont un dommage, car une partie de la richesse qui s’y était développée au long des siècles se perd. Il en va ainsi dans la vie des sociétés et des hommes (Bulletin Dominical N° 1334-1335). C’est en quelque sorte une nécessité dans l’ordre des choses de la nature (déchue de surcroît, quoique rachetée).

C’est la sagesse des nations représentée par des vieillards (Conseil des Anciens, Sénat, …) qui s’exerce avec autant de prudence qu’il leur est possible. Ces sages, s’ils le sont vraiment, c’est-à-dire s’ils ont de l’expérience, du recul, de la hauteur de vue, du sens du bien commun, et pour tout dire : de la (vraie) religion, sauront qu’il est parfois nécessaire de détruire en partie, et avec précaution, pour mieux rebâtir.

Certes, dans la société Église, nous sommes à un niveau plus élevé. Mais il n’en demeure pas moins que soit vétusté, soit incendie, il a bien fallu reconstruire les Basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Paul par exemple (voir la fête de leur Dédicace au 18 novembre). Quant à la liturgie, on sait ce que fit un saint Pie V pour mieux garantir la pérennité de la Messe face aux attaques protestantes : la Messe romaine, antique, a été en quelque sorte canonisée et rendue universelle (au moins pour l’Occident latin), tandis que les rites récents qui s’étaient développés un peu partout furent supprimés, quoique catholiques et valides. Par prudence et sagesse, le Pape avait concédé le maintien local des rites déjà vénérables par un usage de plus de deux siècles (ainsi les rites lyonnais, ambrosien, etc., et d’Ordres religieux). L’unité de Foi était aussi un enjeu.

Donc, quoique dommage à certains égards, les simplifications, toutes regrettables qu’elles puissent être, ne sont pas de soi des trahisons ou des monstruosités pouvant justifier la révolte des fidèles.


PRUDENCE ET MESURE DANS LES SIMPLIFICATIONS

Mais il doit y avoir de la mesure. C’est le propre de l’Autorité d’en juger et de mettre en œuvre dans sa prudence et sa sagesse. S’il y a vraiment démesure, c’est peut être révolutionnaire et alors cela devient un signal d’alarme, sans qu’on puisse a priori décider de sa réalité perverse, ni se précipiter dans un jugement qui normalement est du seul ressort de l’Autorité.

Ainsi, les bouleversements post-conciliaires du calendrier liturgique, qui ne sont pas de simples modifications, la fabrication d’une « messe » réellement « nouvelle », auxquels on prétend donner de la cohérence et de la continuité avec les siècles précédents son certainement de la grotesque démesure quand, en plus, on voit l’usage qui en est fait.

Mais de soi, cela n’est pas suffisant pour rejeter ou servir de fondement à la condamnation d’une autorité supposée être l’Autorité dans l’Église. Car c’est justement cette Autorité qui normalement est la garantie de l’orthodoxie, de la légitimité, de la bonté des simplifications, modifications ou autres transformations, dans l’exercice de l’infaillibilité ordinaire sur ces questions.

Donc, malgré les sentiments plus ou moins froissés ou même écorchés (suivant les sensibilités ou susceptibilités), lorsque Rome a parlé, il n’y a qu’à s’exécuter. C’est élémentaire. Mais Rome doit être vraiment Rome.


DES CLIGNOTANTS AUX SIGNAUX D’ALARME

Mais si d’autres éléments viennent renforcer ce sentiment de démesure, ajouter des clignotants et les multiplier parce que manifestement on cherche à tout bouleverser, alors il y a lieu de se poser des questions et, tout en suspendant provisoirement son jugement, chercher les fondements doctrinaux d’une telle situation atypique. Chaque fidèle peut et doit défendre la Foi : « Quand il s’agit des droits fondamentaux du Chrétien, il peut faire valoir ses exigences », cela « afin de réaliser le salut de son âme et de parvenir à la perfection chrétienne » (Pie XII, Discours au congrès mondial de l’apostolat des laïcs, 5 octobre 1957).

C’est qu’il y a des règles précises et graves qui régissent ces situations. L’Église a deux mille ans d’existence, et elle est habituellement régie par le Saint-Esprit qui éclaire et guide le vicaire de Notre Seigneur Jésus-Christ. Ce ne peut être la fantaisie ou même l’intelligence d’un tel ou d’un autre qui pourrait remettre en cause un tel édifice.

Mais là où il y a des hommes, il y a faiblesse potentielle, et tous les hommes sont certes concernés. Quand il s’agit des chefs de l’Église, il faut être de la plus grande circonspection et bien établir, à partir des règles sûres de l’Église, les bases certaines d’un jugement vraiment doctrinal. Et si Rome n’était plus dans Rome, ce qu’il faut établir avec rigueur, alors les clignotants étaient bien des signaux d’alarme, signes d’une réalité dramatique, mais, comme signes, ils n’étaient pas la réalité, ils y renvoyaient et ne pouvaient pas être le fondement de la démonstration.


Fête de saint André, Apôtre :

Elle est empêchée cette année par l’occurrence avec le premier dimanche de l’Avent. En revanche là où la fête est de première classe elle est transférée au lendemain. C’est le cas à Mouans-Sartoux dont saint André est le patron principal de la paroisse.

La Messe y sera donc célébrée le lendemain lundi 1er décembre (premier jour libre) à 18h30 au prieuré La Croix Saint-Joseph.

Pour nous aider à méditer

N’y a-t-il donc point d’exception en Religion ? les Règles obligent-elles également ? Sans doute. Certes, il y a des lois qui sont justement injustes. Par exemple, le jeûne du Carême est commandé pour un chacun : ne vous semble-t-il pas que cette loi soit injuste, puisqu’on modère cette injuste justice donnant des permissions et des dispenses à ceux qui ne la peuvent pas observer ? De même en Religion : le commandement est également pour tous et nul de soi-même ne s’en peut dispenser, mais les Supérieurs modèrent la rigueur selon la nécessité d’un chacun. (S. François de Sales, Les vrais entretiens, XIV).

Notes tirées du sermon

En ce dernier dimanche de l’année liturgique, nous aboutissons au terme du processus entropique de la nature humaine en tant qu’humaine (mais aussi, hélas en partie, surnaturellement) : la fin des temps et le Jugement dernier. Pourtant dans le plan divin ce n’est pas ce qui est fondamental puisque le but est de nous élever gratuitement à l’amitié divine et au Ciel, malgré nos fautes et grâce au rachat non moins gratuit par Notre Seigneur. Aussi, dans les temps de ferveur et de non compromission avec l’esprit du monde, l’année liturgique se terminait avec la liturgie du XXIIIe dimanche comme l’indique Dom Guéranger :

« [L’Église] était satisfaite d’avoir amené ses fils, non seulement à pénétrer en cette manière le développement complet de la pensée divine, mais encore et surtout à s’unir ainsi d’une union véritable au Seigneur, par une communauté réelle de vues, d’intérêts et d’amour. Aussi ne revenait-elle même pas sur l’annonce du second avènement de l’Homme-Dieu et du jugement final, qui avait fait, au temps de l’Avent, l’objet de leurs méditations dans les débuts de la vie purgative. » C’est qu’il y avait eu progrès surnaturel au fur et à mesure du développement de l’Église sur terre et de la sanctification des âmes.


Mais l’usure de l’humanité vieillissante, l’éloignement des préoccupations éternelles, l’attachement de plus en grand aux choses de la terre de la part de ceux qui avaient connu la Vérité surnaturelle de la Révélation : « C’est depuis quelques siècles seulement que, dans la pensée de donner au Cycle une conclusion plus précise et plus appréhensible aux Chrétiens de nos jours, [l’Église] le termine par le récit prophétique de la redoutable arrivée du Seigneur, qui clôt les temps et inaugure l’Éternité. »


C’est donc bien à cause du relâchement des « Chrétiens de nos jours », qu’il faut mettre quelques points sur les i avec quelque vigueur…, rappel de certaines réalités terribles pouvant encore être évitées…


Recommandation spirituelle de la semaine

On ne peut assez déplorer l’aveuglement des hommes de ne pas vouloir penser à la mort et de se détourner d’une chose inévitable que l’on peut rendre heureuse en y pensant toujours… On évite la pensée de la mort pour ne pas s’attrister ; elle ne sera triste que pour ceux qui n’y auront pas pensé. (Fénelon)


Mardi 29 septembre 2020
DÉDICACE DE S. MICHEL ARCHANGE
1re classe
Temps après la Pentecôte

Mémoire de XVIe dimanche après la Pentecôte


Oraison - collecte
Ô Dieu, qui dispensez avec un ordre admirable les ministères des Anges et des hommes, accordez-nous dans Votre bonté, d’avoir pour protecteur de notre vie sur la terre, ceux qui sans cesse, dans le Ciel, Vous entourent et Vous servent. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.


Mémoire du XVIe dimanche après la Pentecôte :


Nous Vous en prions, Seigneur, que Votre grâce nous prévienne et nous accompagne toujours, et qu’elle nous donne d’être sans cesse appliqués aux bonnes œuvres. Par Jésus-Christ Votre Fils, Notre Seigneur, qui vit et règne avec Vous dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles.

Ainsi soit-il

Vie du Saint du jour
Le 29 septembre était autrefois consacré à tous les Anges, aussi le Pape Boniface II, vers 530, choisit-il cette date pour dédier à saint Michel une église dans le grand cirque, à Rome.


La Messe composée pour la circonstance est celle du 18e Dimanche après la Pentecôte et se rapporte à une dédicace d’église. Celle de ce jour est d’une époque plus récente.


Le nom de Michel signifie en hébreu : Qui est comme Dieu, et nous rappelle le combat qui se livra au Ciel entre « l’Archange de Dieu qui mérita d’être placé à la tête de la milice céleste » et les démons.

Tombés au pouvoir de Satan par le péché, c’est à saint Michel qu’il revient de continuer la lutte pour nous délivrer, aussi est-ce de lui que dépendent nos Anges gardiens.


Saint Michel a vaincu l’orgueil de Satan et nous obtient l’humilité. C’est lui aussi qui préside au culte d’adoration que l’on rend au Très-Haut, car il offre à Dieu les prières des Saints, symbolisées par l’encens dont la fumée monte vers le Ciel.


Quand un Chrétien a quitté ce monde, on demande que le porte-étendard saint Michel le fasse entrer dans le Ciel, aussi est-il souvent représenté avec la balance de la justice divine où sont pesées les âmes.


Son nom est cité dans le Confiteor, après celui de Marie qui est la reine des Anges.

Ange protecteur de la Synagogue, saint Michel est devenu celui de l’Église qui lui succéda.

Aussi est-ce à lui que la liturgie attribue la révélation de l’avenir faite à saint Jean dans son Apocalypse.


 voir la grande vie du Saint


Résolution pratique du jour
Invoquez souvent saint Michel ; invoquez souvent les Anges.


Méditation du jour
« Qui est comme Dieu ! »  suite

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